Au coeur de la mine de Potosí

Ecrit par Sophie –

Notre prochaine destination était Potosi. Une ville à 4100 m au dessus du niveau de la mer qui se situe à 3 heures de bus d’Uyuni. Nous avions quitté Uyuni à 10h et les paysages sur notre route étaient splendides. Nous avons vu des glaciers, des canyons, des collines de cactus géants, des dunes de sable et des vallées où broutaient des centaines de Llamas. C’était pour moi le voyage en bus le plus agréable car les paysages étaient si beaux et diverses que je n’ai pas vu le temps passer.

Une fois à Potosi, nous nous installons dans un hôtel backpacker très froid où l’accueil est atroce (Hostal La Casona – à éviter). Dans la journée, nous sommes allés faire un petit tour en centre ville. A la gare de bus, nous avions rencontré un ancien mineur qui nous avait venté les mérites de son agence. Celle-ci offre un tour dans les mines de la fameuse montagne Cerro Rico à l’extérieur de la ville. Nous étions très tenté de vivre cette expérience. Pour 100 BOB chacun – soit 11€, nous aurons une visite guidée de 5 heures au cœur de la mine. On signe !

Dès le lendemain, départ vers 8h30 en mini bus avec 5 autres touristes allemands. Tout d’abord, nous devons faire un premier arrêt au marché pour acheter des cadeaux pour les mineurs. Une tradition (non obligatoire) mais très sympa je trouve. Nous avons donc acheté 2 bouteilles de soda, 2 sachets de feuilles de coca et un bâton de dynamite (et son déclencheur…. à ne surtout pas faire tomber par terre). Nous devions maintenant nous équiper de la tête au pied (bottes, sur-pantalon et veste, puis casque avec lampe frontale).

Sur le chemin, notre guide Wilson nous suggère fortement de mâcher, comme de vrais mineurs, des feuilles de coca (une quinzaine). Nous nous mettons donc tous à décortiquer ces feuilles, car il ne faut pas mâcher la nervure centrale, elle peut couper les gencives. Après quelques minutes dans la bouche, les feuilles forment une espèce de boule que j’ai gardé pendant 4 heures. Ces feuilles ont différentes vertus : Elle aide contre le mal de l’altitude mais aussi donne de l’énergie et facilite la digestion. Malgré le goût très peu agréable, je me force à garder cette boule dans un coin de ma bouche. Les mineurs la mâchent en permanence, ce qui leur permet de faire de plus longues heures de travail et leur donne la force nécessaire que ce dur métier exige.

Arrivée à la montagne, notre guide nous emmène dans une usine de raffinage. Là il nous explique comment les minéraux sont séparés de la pierre que les mineurs ont ramenée. Ce procédé de purification utilise bien évidemment des produits chimiques. Les minéraux exploités dans cette mine sont principalement de l’argent pur et de l’étain.

Dernière étape, et celle que j’attendais depuis le début, l’entrée dans la mine. Nous allions passer plus de 3 heures dans ce labyrinthe géant. La hauteur des galeries n’étant souvent pas plus d’1 mètre de haut, nous avons donc dû nous plier en deux pour passer. Pendant la visite, Wilson nous explique que cette mine est exploitée depuis 1545. Plus de 12 000 mineurs y travaillent encore chaque jour (sauf le dimanche). Il y a 166 entrées et plus de 5 niveaux différents. Des galeries partout … Un vrai gruyère ! Les accidents ne sont pas si fréquents malgré ce que l’on peut croire.

Nous faisons quelques arrêts pour que Wilson nous explique le fonctionnement de la mine. Les mineurs font parti d’une coopérative. Les 2 premières années, ils travaillent pour le compte de la coopérative qui leur donne le droit de « creuser » une veine qui leur est alors attribuée. S’ils sont chanceux, elle peut leur rapporter gros, mais seulement ils doivent reverser 50 % de leurs bénéfices à la coopérative. La 3ème année, ils peuvent demander à être un peu plus indépendants et ne reverser que 15 % mais pour cela ils doivent acheter leur propre matériel (marteau piqueur, wagon, dynamites…). La 5ème année, ils peuvent demander à entrer dans la coopérative.

Les mineurs sont très religieux (Catholiques). En dehors de la mine, ils croient tous en Dieu. Dans la mine, se trouve un endroit où « El Tio » (déformation de « Dio » – Dieu en Espagnol) réside. C’est le Dieu de la mine. Il serait d’après la légende Quechua, le mari de Pacha Mama (mère nature). Les mineurs prient ce dieu pour qu’il leur apporte chance et protection. Tous les vendredi, ils lui font des offrandes sous forme de cigarettes, feuilles de Coca, bouteilles d’alcool (à plus de 96°) ou de bières.

Les travailleurs de cette mine parlent Quechua et souvent très peu l’Espagnol. Ils commencent parfois à travailler dès l’age de 7 ans, ce qui bien évidemment n’est pas autorisé mais aucun contrôle n’est fait pour les empêcher. La durée de travail est de 4 heures puis une pause de 2 heures et de nouveau 4 heures de travail s’en suivent. La vie moyenne d’un mineur est de 40 ans. Leur santé est bien sur à risque chaque jour à cause du souffre et de la poussière dégagé à chaque explosion mais aussi à cause des éventuels accidents. A la sortie de la mine, nous avons rencontré un mineur de 61 ans. Tom lui a offert ses cadeaux ainsi que le bâton de dynamite. Il était super content et l’a remercié d’un bonne poignée de main.

Cette journée passée dans la mine était extrêmement intéressante. Je recommanderai fortement à ceux qui passent à Potosi de contacter cette agence car ce sont d’anciens mineurs reconvertis dans le tourisme. Ils sont très professionnels et vraiment compétents.

Agence :

« Big Deal Tours » (calle Bustillos 1092 – bigdealtours@gmail.com) Contact : Efrain ou Wilson

Notre album photo :

TDM Bolivie Potosi

2 Comments

  1. Magnifique..!!! On aurait presque envie d’y être (mais sans y travailler !) merci de nous faire partager ces superbes rencontres et beautés !
    Bises, à bientôt de continuer avec vous la route !

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