Sous la tente à Torres del Paine

Ecrit par Tom –

Nous arrivons en milieu d’après-midi à Puerto Natales, un petit port au Sud du Chili. C’est le point de départ du trek dans le parc national de Torres del Paine. Le passage à la frontière chilienne s’est passé en pleine pampa, rapidement et sans trop de formalités. Ici, le vent est encore plus fort qu’à El Calafate et cela nous met déjà dans l’ambiance des prochains jours.

Notre auberge en centre ville n’est pas très accueillante et plus délabrée que sur les photos du site internet mais on y passe quand même la nuit pour honorer notre réservation. Le lendemain, nous traînons au petit déjeuner en partageant nos expériences avec d’autres voyageurs. Alors qu’à 11h30 nous quittons l’auberge (pour en chercher une autre !), la patronne nous jette presque dehors en nous faisant remarquer que le check-out était à 10h ! On n’est pas mécontents de quitter cet hôtel pourri !

Nous ne pourrons passer que 3 jours dans le parc national de Torres del Paine car nous devons impérativement prendre le cargo 4 jours plus tard pour remonter la côte vers Santiago. Autour d’un verre, nous préparons notre itinéraire et prévoyons de ne faire qu’une partie du célèbre parcours W, le mirador des Torres.

Pour nous équiper, nous allons louer du matériel de camping dans un magasin recommandé par le guide du routard. Une tente de haute montagne, deux matelas et 2 sacs de couchage en duvet d’oie sensés être chaud jusqu’à -40°C. Bref, de quoi rassurer Sophie qui effectue son premier trek en montagne.

Le jour J, nous prenons le bus pendant 2 heures pour arriver à Torres del Paine. Le temps n’est pas terrible, très nuageux et froid. A l’entrée, les gardes forestiers nous annoncent qu’il a beaucoup neigé la nuit précédente et que le mirador des Torres est fermé…

Tous nos plans sont à l’eau et on doit revoir notre itinéraire dans l’urgence. Finalement on décide d’acheter nos entrées, de prendre le catamaran pour traverser le lac Pehoe et de nous installer au camping Paine Grande.

L’aire de camping est très venteuse. On plante notre tente derrière l’un des seuls buissons qui devrait nous protéger un peu. Dans l’après-midi, nous sympathisons avec 2 belges, Sandrine et Laura, qui ont galéré pour installer leur tente à proximité de la nôtre. Le vent commence à souffler par grosses rafales de 100 km/h et tous les campeurs se regroupent dans la cuisine, le seul abri en dur.

Après le déjeuner, nous partons pour une marche de quelques heures vers le glacier Grey. La ballade n’est pas trop difficile, le temps est un petit plus dégagé mais le vent souffle toujours autant. Au mirador, la récompense est au rendez-vous : la vue d’ensemble sur le glacier est superbe. Malheureusement, nous devons faire court pour rentrer avant la tombée de la nuit.

Le soir alors que nous dînons, un campeur débarque dans la cuisine en hurlant : « Il y a une tente qui s’envole dehors ! ». En quelques secondes, tout le monde sort pour contrôler que la sienne est encore là. Ouf, la nôtre a tenue bon !

Dans les rafales, nous aidons deux australiens à démonter leur tente cassée avant qu’elle ne s’envole. Pendant quelques minutes c’est la confusion. Tout le monde court dans tous les sens. En tournant la tête, je vois que la tente des belges a disparue !!! Il ne reste que leurs sacs sur le sol. Elles la retrouveront à 100 mètres de là, au bord du lac, déchirée et miraculeusement bloquée par des buissons. Vers 22 heures, 5 campeurs n’ont plus de tente !

Nous passons une nuit horrible, les rafales de vent étirent les coutures de la toile et la pluie goutte à l’intérieur. Même moi qui adore camper, je commence à déchanter ! Nous dormirons finalement moins de 3 heures d’un sommeil pas particulièrement réparateur.

Le lendemain, nous reprenons la route vers midi pour nous rendre au camping gratuit Las Carretas. C’est la dernière étape avant d’arriver à la fin du parcours (l’Administration du parc), où notre bus viendra nous chercher le lendemain.

Le chemin longe les lacs des glaciers aux couleurs turquoises et s’enfonce ensuite dans la pampa où les hautes herbes brunes ondulent sous le vent. C’est magnifique et nous nous arrêtons souvent pour admirer le paysage.

A certains endroits, on peut voir les dégâts du dernier incendie de 2012 qui avait ravagé des centaines d’hectares du parc. La végétation calcinée, n’a toujours pas repoussée aujourd’hui.

Nous arrivons au camping Las Carretas sous la pluie et une nouvelle galère commence pour monter la tente. Le vent est moins fort à cet endroit mais la nuit sera bien plus froide que la précédente. Le dernier jour, nous rejoindrons l’Administration en quelques heures.

Dans le bus qui nous ramène à Puerto Natales, nous retrouvons Audrey, une amie de Paris qui commence son tour du monde par la Patagonie. Elle était partie à Torres del Paine 3 jours avant nous et vient de terminer le W : chapeau ! Fatigués de nos efforts et de nos courtes nuits, nous nous endormons tous au chaud bercés par le ronronnement du moteur.

Le soir nous nous retrouvons en ville pour arroser ça autour d’une bonne bouteille et de succulentes pizzas. Enfin de la vraie nourriture après 3 jours de sandwiches !

 Notre resto préféré :

Mesita Grande – calle Arturo Pratt (à l’angle de la place). Excellentes pizzas pas chères (environ 5 000 pesos, soit 7 euros)

Notre album photo :

TDM Chili Torres del Paine

2 Comments

  1. Holà los viajantes !
    C’est génial de pouvoir vous accompagner sur ce site: les photos sont superbes et les récits émouvants. On s’inquiète de savoir si c’est votre tente qui s’est envolée, si elle va s’arracher dans la nuit ou si les duvets ont finalement tenu les basses températures !
    Tiago et Gustave vos suivent sur un globe et la géographie devient ludique !
    Abrazos

  2. Et oui, fini les tongs et les lunettes de soleil ! Vive le bonnet et les doudounes…
    Thomas, tu prends un mauvais plis avec les brochettes de filles !

    Tous ces paysages nous inspirent une petite chanson :
    « Vent frais, vent du matin,
    Vent qui souffle au sommet des grands pins.
    Joie du vent qui souffle,
    Allons dans le grand…
    Vent frais, vent du matin… »

    Tibo, je ne suis pas sûre que tu l’entendes au stade de foot celle-là !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.