Parmi les moaïs à Rapa Nui

Écrit par Tom –

C’est un moment que nous attendions depuis longtemps. L’île de Pâques nous a fait rêver bien avant la préparation de ce tour du monde et c’est avec beaucoup d’excitation que nous atterrissons sur ce petit bout de terre perdu au milieu de l’océan Pacifique.

Située à 3700 kilomètres des côtes chiliennes et 4100 kilomètres de Tahiti, l’île de Pâques (ou Rapa Nui) est complètement isolée du reste du monde. Elle a la forme d’un triangle isocèle avec une base d’un peu plus de 20 kilomètres de long (soit pour les bretons, à peine plus grand que Belle-île)

Sitôt débarqués de l’avion, le patron de notre hôtel nous accueille avec le traditionnel collier de fleurs. Ça y est, nous sommes bel et bien arrivés en Polynésie !

Après nous être installés, nous découvrons Hanga Roa, la seule ville de l’île qui compte près de 4000 habitants. Tous les commerces et les restaurants sont concentrés sur la rue principale. Ici, il n’y a pas de numéros de rue sur les maisons et les enseignes sont très discrètes. Tout le monde se connaît, il suffit juste de demander son chemin aux locaux. Dans les rues, certains jeunes îliens se baladent à cheval, ce qui rajoute au folklore local.

Le premier jour nous nous promenons le long de la côte Nord d’Hanga Roa et découvrons sous un ciel ombrageux nos premiers moaïs. Le sentiment est indescriptible. C’est fascinant de voir ces mastodontes de pierre de plusieurs dizaines de tonnes bien campés sur leur promontoire nommé « Ahu » et regardant l’intérieur des terres de leurs orbites vides.

Sur le site de Tahai, l’un d’entre eux à récupéré ses yeux composés de corail et d’obsidienne. Il doit beaucoup ressembler à ceux qui peuplaient l’île à l’époque où les colons espagnols sont arrivés.

De 800 à 1838, lorsqu’une personne importante d’une tribu mourrait, on construisait une statue que l’on installait devant le village. Une fois la statue parée des yeux, l’esprit de la personne défunte (« mana ») venait l’habiter et veillait sur la population. C’est pourquoi tous les moaïs (sauf les 5 d’Akivi) ont le regard tourné vers l’intérieur de l’île. Au début du 17ème siècle, le manque de ressources (notamment de bois) à provoqué une guerre des tribus et tous les moaïs ont été petit à petit renversés.

Le second jour, nous partons toute la journée avec un guide qui nous fera découvrir les principaux sites.

Ceux de la côte Est sont les plus anciens et les plus prestigieux car ils sont situés sur le territoire où vivaient les « grandes oreilles », les tribus les plus riches. Du coté Ouest, vivaient les « petites oreilles », tribus plus pauvres qui vivaient dans des grottes.

« Rano Raraku », la carrière des moaïs, est mon site préféré. On y dénombre 397 statues à différents stades d’avancement, éparpillés à flanc de volcan. Beaucoup sont redressés car on les mettaient en position verticale pour sculpter les derniers détails du dos et de la tête avant de les transporter aux 4 coins de l’île. Le plus grand moaï, encore en construction, aurait mesuré 21 mètres !

Presque à l’extrême Est de l’île, se trouve Tongariki, le site préféré de Sophie. Ici, 15 moaïs sont perchés sur un promontoire de plus de 200 mètres de long (le plus grand de Polynésie).

En 1960, le tremblement de terre de 9,5 sur l’échelle de Richter et surtout le tsunami de 11 mètres de haut qui suivit, les avait tous balayés. Ils avaient été remis sur pied avec le concours du gouvernement japonais et d’une compagnie de construction privée. En remerciement, les Rapa nui avaient prêté au Japon un mo pour des expositions. Depuis son retour, il est appelé le « moaï voyageur » et on peut le trouver à l’entrée du site.

Le troisième jour, nous grimpons au volcan Rano Kau situé dans la partie Sud de l’île. C’est à partir de l’une des crêtes de son cratère, dans le village d’Orongo, que se déroulait la cérémonie de l’homme oiseau. Celle-ci avait lieu chaque année et consistait en une compétition entre tribus pour déterminer quel village aurait un accès privilégié aux ressources pendant un an. Les concurrents s’élançaient du haut du cratère, escaladaient les falaises pour descendre jusqu’à la mer. De là, ils nageaient jusqu’au Motu Nui, l’îlot le plus lointain (2 kilomètres !). Ceux qui étaient épargnés par les requins et les courants, attendaient là que la Sterne fuligineuse (le seul oiseau de l’îlot) ponde son premier œuf. Le premier participant qui s’en saisissait faisait un signal au village pour prévenir le roi de sa tribu et devait refaire le chemin inverse sans le casser. Le roi gagnant devenait l’homme oiseau pour un an et un héro pour tout son peuple.

Le lendemain, nous louons une voiture pour avoir plus de liberté. La location, c’est le bon plan car ce n’est pas trop cher en basse saison et le carburant est exonéré de taxes. Il faut cependant être constamment sur ses gardes car les chevaux sauvages sont plus nombreux que les habitants et les collisions avec les animaux sont la première cause d’accident. Pour mettre encore un peu la pression, aucune voiture n’est assurée. Si ça casse, tout est pour ta pomme !

Ce jour là, nous revisitons nos sites préférés et découvrons les pétroglyphes, signes et dessins taillés dans la pierre volcanique dont certains font plusieurs mètres. (Ci-dessous la représentation d’une baleine et un requin)

La dernière matinée, nous allons voir l’Ahu Vinapu dont la particularité est d’avoir un mur très similaire à ceux des incas. Y a t-il eu un lien entre les 2 civilisations ? Encore un mystère de plus que recèle l’île.

Nous quittons Rapa Nui après avoir passés 5 jours fantastiques (à mon avis, les plus beaux depuis le début de ce tour du monde) mais un peu déçus de ne pouvoir rester plus longtemps. Nous avons conscience d’avoir pu profiter de ce lieu en privilégiés (seuls 200 passagers atterrissent et repartent chaque jour!).

Au moment de l’enregistrement à l’aéroport, l’hôtesse nous dit tout bas qu’elle a changé nos sièges. Elle nous tend les billets avec un sourire et nos yeux s’écarquillent ! La mention « Business Premium » qui est inscrite en bas ! On est surclassés:) ! Superbe cadeau !

Y a pas à dire, la première classe en avion c’est un autre monde : siège inclinable en lit, champagne, succulent repas accompagné des meilleurs vins chiliens, et un personnel de bord aux petits soins… On arrive à Santiago très détendus après 4 (trop courtes) heures de vol.

Notre bon plan :

Un guide à la journée coûte au minimum 25 000 pesos /personne (soit mini 40 euros/pers).

Selon nous, il est préférable d’acheter le livre «A la découverte de l’île de Pâques » de James Grant-Peterkin (16 000 pesos, en français et disponible partout en ville) et de louer une voiture pendant 2 jours (environ 30 000 pesos la journée). Le livre est une véritable mine d’information et donne les meilleurs horaires de chaque site pour avoir le moins d’affluence et la meilleure lumière.

Notre restaurant préféré :

 Club Sandwich – calle Atamu Takena : très bons sandwiches chauds et excellents jus de fruits frais. Pas cher (environ 5 000 pesos)

Notre album photo :

TDM Chili Ile de Pâques

7 Comments

  1. Hello à vous ! Wahh je suis entrain d’imaginer un terremoto et un tsunami avec des vagues de 11 mètres, mais il ne doit plus rien rester sur l’île. Je ne vois même pas où les habitants peuvent se protéger en cas de catastrophe pareille !
    Heureusement qu’ils ont encore les Moaïs !
    Cool l’article

  2. Bonjour,
    Nous sommes en Argentine en tour du monde et allons a l’île de Pâques dans un mois.
    J’en ai l’eau a la bouche en regardant vos photos et en lisant votre article! Pouvez-vous me dire où aviez-vous logé ?
    Merci et a bientôt!

  3. Petite question : Que représente le Pukao ? Pourquoi certaines statues en ont et pas d’autres ? Serait-ce des femmes ?
    En tout cas, vous êtes radieux sur ces photos…Bisous

    • Le Pukao est en fait un chignon qui représente la coiffe de l’époque. Beaucoup de Pukao ont été renversés. Les Moaïs femmes sont reconnaissables par leur poitrine et leur visage plus fin. Nous n’en avons vu qu’une sur l’île. Bonne remarque cependant !

  4. Oh la la….l’Ile de Pâques….mais c’est le rêve absolu! Les photos sont magnifiques,
    et le texte top!
    Alix et Manon vous embrassent très fort, et leurs parents avec.
    Paul et Paulette

  5. L’article et les photos donnent vraiment envie.
    Profitez bien de l’Asie, j’attends avec impatience les nouveaux articles!
    Margaux (de Bariloche)

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