Crémation balinaise

Ecrit par Tom –

Nous avons eu la chance, quelques jours après notre arrivée à Ubud, de pouvoir assister à une cérémonie de « Pitra Yadna », la crémation balinaise. Dans le petit village de Penestanan, une crémation commune a lieu tous les 5 ans. Les habitants se réunissent pour incinérer les membres de leur famille décédés pendant cette période.

Une crémation peut coûter plusieurs dizaines de millions de roupies (soit plusieurs milliers d’euros) et peu d’habitants, hormis les familles des prêtres et des nobles, peuvent la pratiquer immédiatement après le décès de leur proche. Dans la majorité des cas, les corps sont enterrés juste après la mort, le temps que la famille finance la crémation. Le jour de la cérémonie, ils sont déterrés pour être incinérés. Dans la culture balinaise, c’est un moment joyeux car l’esprit du défunt peut enfin rejoindre le paradis.

La cérémonie à laquelle nous assistons verra brûler 41 corps dont celui d’une danseuse balinaise très connue, originaire d’Ubud et épouse du peintre espagnol Antonio Blanco.

La veille de la cérémonie, Sada, qui nous a invité à cet événement, nous prête les habits traditionnels. Je suis habillé avec un sarang, un « kain » (un tissu qui me sert de ceinture) et je porte le chapeau traditionnel balinais. Sophie porte un chemisier brodé à manches longues (« kebaya ») ainsi qu’un sarang.

On passe presque pour des locaux, non?

Même si l’incinération est le point principal de la fête, les danses et les chants commencent quelques jours avant. Le matin de la crémation, les habitants se réunissent au centre du village. Une procession d’autels mobiles en forme de tours, portés par des dizaines de porteurs (souvent membres de la famille des défunts), se rend au cimetière accompagnée par la foule. Là-bas, les corps sont déterrés, enveloppés dans des linceuls et sont installés à l’intérieur des tours, dont la taille dépend de l’importance du défunt. .

Sur le chemin du temple, la procession avance à pas rapide, rythmé par les musiciens. Les porteurs s’arrêtent à plusieurs reprises et font tourner l’autel pour que l’esprit soit désorienté et ne retrouve pas le chemin de chez lui.

 

Devant le temple, le cortège s’arrête et les corps sont sortis des tours pour être placés dans des sarcophages en forme d’animaux (souvent des taureaux). Les habitants font des offrandes aux défunts et à leur famille puis tous déjeunent ensemble pendant que les sarcophages sont brûlés.

Le soir, les cendres sont recueillies par les prêtres. Une partie sera déposée sur les volcans, l’autre partie sera dispersée au confluent des 2 rivières d’Ubud, le lieu sacré de la ville.

Notre album photo :

TDM Indonésie Penestanan Cremation

3 Comments

  1. Bel effort d’y aller en habit traditionnel. C’est toujours assez étrange je trouve ces cérémonies funéraires tellement différentes des nôtres. Je mets toujours un peu de temps à m’y sentir à peu près à l’aise.

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