Ascension du Kawah Ijen

Écrit par Tom –

En traversant la mer entre Bali et Java, on aperçoit la chaîne des volcans qui s’étire au loin. De quoi nous rappeler qu’aller sur un volcan en activité, ça faisait partie de notre « To do list » indonésienne !

Nous partons à 2 heures du matin en 4×4 de Banyuwangi (une petite ville sans intérêt à l’Est de Java), gravir le Kawa Ijen, l’un des volcans les plus actif d’Indonésie. 1 heure plus tard (et après avoir dégagé au treuil un arbre tombé sur la route…), nous arrivons à l’entrée du parc. Et c’est parti pour 1 heure d’ascension à la lampe frontale et sous la pleine lune !

A 1500 mètres, on passe au dessus des nuages et on voit se dresser devant nous un autre volcan : le Raung Agung. Contrairement à la vallée où il fait étouffant, ici la température est seulement de 10 degrés.

Nous arrivons sur le bord du cratère vers 4 h. De là, on voit en contrebas la soufrière cracher des flammes bleues. Avec un autre volcan en Alaska, c’est le seul endroit sur terre où on peut admirer ce spectacle. 24h/24 des mineurs descendent au fond du cratère pour recueillir le précieux souffre utilisé pour les cosmétiques. De nuit, ils sont déjà une centaine à s’activer pour le découper, le peser et le mettre dans des paniers en bambous. Puis, comme dans une lente procession, ils remontent le bord du cratère pour redescendre ensuite dans la vallée. Certains peuvent faire l’aller retour 2 ou 3 fois dans une journée avec 70 kilos de souffre sur les épaules. Un travail de titan où l’espérance de vie n’est pas très élevée.

Après avoir passé quelques minutes à contempler la scène, nous entreprenons la descente dans le cratère pour nous approcher des flammes. Nous sommes accompagnés de Mohamed, un mineur qui nous indique où poser les pieds. A environ 100 mètres du foyer, les vapeurs de souffre nous asphyxient malgré notre masque et un changement de vent brutal rabat sur nous une épaisse fumée qui nous brûle les yeux. Impossible d’aller plus loin, on fait demi-tour ! Mohamed nous dit au revoir et continue à descendre…

Une fois remontés sur la bordure du cratère, nous regardons le soleil se lever sur le volcan et révéler les teintes turquoise du lac acide. C’est magique !

En redescendant, nous croisons les dizaines de mineurs qui remontent. Certains vendent des statues d’animaux moulées avec du souffre liquide. D’autres demandent juste à manger ou une cigarette.

Ces gars là sont des surhommes. Depuis les mines de Potosi en Bolivie, je n’avais pas vu de travail aussi éreintant. Et tout ça pour finalement gagner très peu d’argent : 1 kilo de souffre vaut 500 rp soit 4 centimes d’euros. En une journée de travail, les meilleurs gagnent à peine 10 euros !

Notre album photo :

TDM Indonésie Kawah Ijen

One Comment

  1. Un petit coucou d’Indonesie. Je continue de suivre votre passionnant periple !
    Et pour une fois etre dans vos traces 😉
    Hier matin excursion au Kawa Ijen dans les memes conditions… Exceptionnel, etraordinaire, tant au niveau du paysage qu’au plan humain avec la rencontre des mineurs!
    Un sejour de 15 jours en Indonesie qui prend fin demain 🙁
    Merci de nous faire encore rever un mois 😉
    @ bientot
    Armand

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