Passe moi le poivre ! (à Kampot)

Ecrit par Tom –

Nous profitons de notre weekend (et d’une petite pause avec l’école) pour aller à Kampot qui se trouve à 20 kilomètres de Kep. La route est en travaux et elle est presque impraticable en saison des pluie. Il nous faudra presque 1 heure pour nous y rendre en bus, frôlant souvent l’enlisement. Les khmers, pourtant aguerris à la conduite du 2 roues, réalisaient malgré eux de superbes glissades dans la boue.

Enfin arrivés, on profite d’un rare rayon de soleil pour découvrir la ville. Elle est traversée par une large rivière et surplombée par la montagne Bocor. Il est agréable de s’y balader et de découvrir ses rues aux maisons coloniales françaises restaurées en hôtels et restaurants.

Un soir, nous sympathisons avec Jean-Claude, le patron du restaurant la Java Bleue. Il nous propose de nous rendre avec lui le lendemain au marché Cham.

A 6H30 du matin, nous sommes au rendez-vous et il nous y conduit en moto. 3 sur un 2 roues, c’est la moyenne au Cambodge. Les meilleurs (acrobates) montent à 5 !

Dans cette partie du pays, les pêcheurs sont principalement vietnamiens ou Cham, les cambodgiens musulmans. Entre 5 et 7 heures du matin, c’est le retour des bateaux partis en mer pour la nuit.

Au marché improvisé dans le port, on peut assister au déchargement du poisson et des crustacés. Certains sont cuisinés directement par les femmes dans une bonne ambiance et un joyeux mélange de couleurs et d’odeurs. Nous sommes les seuls occidentaux à assister à la scène : merci JC !

Plus tard, nous nous perdons dans le vieux marché de la ville où l’on trouve de tout dans un dédale d’allées étroites et bondées.

Kampot est mondialement connue pour son poivre. D’une saveur unique, il est protégé par une AOC et est vendu comme un produit de luxe. L’occasion est bonne pour découvrir comment est produite mon épice préférée.

Le dimanche, nous visitons la coopérative Farmlink qui regroupe le poivre de tous les producteurs de Kampot. La région ne produit que 8 à 12 tonnes de poivre par an ce qui en fait un produit rare. D’une exceptionnelle qualité, les grains sont récoltés manuellement puis séchés au soleil pendant quelques jours chez le producteur. Amenés à la coopérative, ils sont ensuite sélectionnés à la main avant d’être emballés.

On distingue 4 couleurs de poivre (vert, noir, rouge et blanc). En fait c’est le même grain mais la couleur dépend de la maturité.

  • Le poivre vert est frais. Il se conserve très peu de temps et est destiné aux restaurateurs locaux.
  • Le poivre noir est récolté vert puis séché au soleil pendant 7 jours. La membrane qui recouvre le grain devient alors noire.
  • Le rouge est récolté rouge (un peu plus mûr), grain par grain sur le plan puis séché. Il est plus fruité et sucré que le noir.
  •  Le poivre blanc est du poivre rouge auquel on retire la membrane qui le recouvre avant de le faire sécher au soleil. C’est le plus aromatique et aussi le plus cher. Il peut atteindre $100 le kilo !

On fait le plein que l’on renverra plus tard par colis en France.

Nous avons aimé cette ville qui a un petit charme désuet. Il n’y a pas grand chose à faire ni à voir mais l’ambiance est reposante et surtout, on y mange très bien.

Nos bonnes adresses :

  • Captain Chim’s : En face du nouveau marché – Restaurant khmer excellent, très peu cher et copieux. Plats à $1,5 et boisson à $0,8 ! Qui dit mieux ?
  • La Java Bleue : Très bon restaurant français tenu par Jean-Claude qui fait des merveilles en cuisine. Clairement plus cher que Captain Chim’s mais avec des plats très élaborés et des produits d’excellente qualité. Essayez les plats au poivre vert de Kampot. (environ $8)

Notre album photo :

TDM Cambodge Kampot

 

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