Tintin au Tibet (mais dans le Gansu)

Écrit par Sophie –

La neige est tombée toute la nuit. Nous devons prendre un bus à 7h pour rejoindre Langmusi. Le bus part, nous sommes aux places de devant. Nous le regretterons plus tard. La route sinueuse passe au milieu des montagnes. Il neige de plus en plus, puis notre bus s’arrête. Notre chauffeur, très impatient, décide de doubler la file de camions devant lui. Sur le bas côté, les voitures et camions enfilent leurs chaînes. La route est maintenant verglaçante mais notre bus ne s’arrête pas pour autant. Nous doublons, nous nous rabattons puis arrêt de nouveau. Le chauffeur sort pour casser la glace derrière ses pneus pour ne pas patiner au démarrage. D’un seul coup, notre bus glisse… le copilote saute à l’avant pour freiner le bus. Ouf, on a eu chaud! Le ravin n’était pas loin et cette petite rambarde de 50cm ne nous aurait pas arrêté.

Nous repartons en patinant tout de même un peu et doublons la file de poids lourd qui ne peut plus monter la côte sur cette route trop glissante. Nous passons des ponts à près de 4000m d’altitude. J’étais morte de trouille. Heureusement, on arrive enfin sur un plateau…et là les paysages enneigés sont splendides et nous font oublier tout ce stress. On est sur le plateau tibétain.

Arrivé à Langmusi, le bus nous dépose tous les 2 sur le bord de la route et continue son chemin. Le village se trouve à 3 kms de là. Nous prenons nos sacs et commençons à marcher dans le froid. Un taxi viendra finalement à notre rencontre pour nous déposer dans le centre. Nous rentrons dans un magasin de sport, comme on nous avait conseillé, pour demander une chambre pour la nuit. Nous dormirons au dessus de cette boutique sous de grosses couettes avec un matelas chauffant.

Le lendemain, nous visitons la ville et les 2 monastères. L’un sur le territoire du Sishuan et l’autre dans le Gansu. Les 2 sont très beaux et la vue des alentours est magnifique. Tous les toits de la ville sont enneigés. Les locaux portent des habits traditionnels, chaudement vêtus de leur long manteaux et de leurs très longues manches. Dans l’enceinte du monastère, des croyants font le tour du temple en fredonnant des mantras et en comptant le nombre de tours qu’ils font grâce au compteur à billes ou à leurs colliers de malas (perles en bois). Certains font 20 tours, d’autres peuvent en faire jusqu’à 100.

Dans l’après-midi, nous reprenons un bus pour Xiahe. 6h plus tard, nous arrivons de nuit sans réservation d’hôtel. Nous en essayons un, complet, puis un autre beaucoup trop cher. Un 3ème nous refuse carrément parce qu’on est étrangers. On trouve finalement un hôtel chinois pas trop mal où on s’installe pour la nuit. Celui-ci accueille principalement les moines tibétains venus en pèlerinage au monastère de Labrang. Nous sommes les seuls occidentaux dans cette ville. Les habitants sont surpris de nous croiser dans les couloirs de l’hôtel ou dans les restaurants. C’est assez drôle.

Le monastère tibétain de Labrang, fondé en 1709, héberge plus de 1400 moines bouddhistes. C’est le plus grand en dehors du Tibet. Ce nombre est déterminé par le gouvernement chinois qui garde un œil très attentif sur ce site depuis la révolution culturelle. Nous avons eu la chance de pouvoir visiter les lieux avec un jeune moine qui nous a fait découvrir les différents temples et stupas.

C’est dans le grand hall à prières que des centaines de moines se réunissent 2 fois par jour (11h et 16h) afin de prier ensemble. Dans la cour, nous avons pu assister à ce rituel. Tous les moines arrivent au compte-goutte et se positionnent sur les marches devant le hall, vêtus de leurs longues capes rouges et de leurs chapeaux jaunes. Ils récitent ensemble, d’une douce mélodie, leurs mantras. Quand le son de la corne retenti du haut du bâtiment, chacun retire ses bottes et rejoint le hall.

En tant qu’étranger, c’était un moment magique et tellement authentique. Nous avons passé la journée entière à nous promener dans l’enceinte du monastère. Ce lieu restera le plus beau souvenir que je garderai de la Chine ! Merci à Dominique et Marie-Hélène sans qui nous n’aurions pas découvert cet endroit.

Notre album photo :

TDM Chine Gansu

4 Comments

  1. Je me joins à Laurent, superbe !
    Une petite question à laquelle vous avez peut être déjà répondue : pourquoi y a t il des « confettis » ? Ce sont des prières, non ?
    Sinon, Sophie, tu as testé les toilettes publiques ?

  2. Et bien magique à lire et à regarder les photos également 🙂 Chapeau pour ce très bel article qui m’aura transporté quelques minutes sur ces hauts plateaux. J’étais confortablement assis sur ma chaise, je me suis cramponné et n’ai pas glissé 😉
    J’ai cherché accessoirement sur une carte où ça se trouvait. C’est quasiment pile-poil au centre de la Chine, c’est bien ça ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.