Des pèlerins à la pelle (à Janakpur)

Écrit par Sophie –

Encore un trajet difficile à avaler. 12h de bus séparent Katmandou de Janakpur. 12h sur une route pourrie où nous décollons de nos sièges au moindre trou dans la route. La musique indienne est forte (elle s’arrêtera quand même à 23h mais reprendra à 5h). Bref, on ne dort pas de la nuit. Nous arrivons, pas très frais, à Janakpur dans l’Est du Teraï, à 30kms de la frontière indienne.

Nous partons à la recherche de notre hôtel alors que le soleil se lève juste et illumine sur notre passage le temple Janaki Mandir.

Nous avions choisi cet arrêt car l’un des plus grand festival hindou se produit en ce moment. C’est au temple que se déroule la reconstitution du mariage de Sita et Rama, héros de Ramayana – la plus célèbre épopée mythologique indienne. Cette cérémonie rassemble chaque année des centaines de milliers de pèlerins venus d’Inde et des villages népalais du Téraï.

Nous profitons de notre premier jour sur place pour nous balader dans la ville. Pas un occidental en vue, pas de magasins de souvenirs, ni de restaurants trop chers. On est au cœur du vrai Népal. La ville est très sale et poussiéreuse. Les vaches et les cochons noirs traînent dans les rues au milieu des voitures, piétons et rickshaws. Les gens nous dévisagent sans arrêt. Les jeunes nous arrêtent pour parler anglais quelques minutes.

Nous avions prévu d’aller voir l’arrivée de l’unique train du Népal. Celui-ci circule sur 29kms jusqu’à la frontière indienne et c’est grâce à lui que les villages des alentours sont reliés car il n’y a aucune route. Ce train est toujours archi bondé avec des voyageurs accrochés aux portes, à l’avant de la loco et même sur le toit !

Nous arrivons à la gare vers 11h et déjà des centaines de gens attendent le long des rails. Tout le monde est assis par terre dans l’attente du train.Ce qui est immédiatement visible, c’est la misère qu’on voit sur et à côté de la voie. Il y a des déchets partout. Les gens font leurs besoins de l’autre côté des rails et les odeurs sont insupportables. Les cochons, les vaches et les chèvres se mélangent à la foule.

Nous ne savons pas l’heure exacte de son arrivée. On nous dit 11h puis midi. On attend jusqu’à 14h avant qu’un jeune népalais nous annonce que le train a eu un léger accident et aurait déraillé. Il n’arriverait donc pas avant 17h. Tant pis, on décide de retourner en ville pour visiter le temple.

Il y a du monde partout. Les gens poussent pour rentrer dans l’enceinte du temple, les militaires tapent les gens sur la tête avec un bâton du haut de la porte d’entrée, on se retrouve emmené avec la foule presque étouffé dans cette vague humaine. On fait vite marche arrière par peur d’être piétiné par tous ces pèlerins. On rentre finalement par une porte beaucoup plus large de l’autre côté. Ici, les gens se préparent déjà pour le festival. Beaucoup ont positionné leurs draps et se sont installés par terre. A l’intérieur du temple, les couleurs sont magnifiques.

Dans l’après midi, on assiste à la parade très animée et toujours aussi coloréedans la rue principale. Chaque voiture est décorée de fleurs, de drapeaux ou de banderoles. La musique résonne pendant que certains jettent des pigments rouges sur la foule. L’ambiance est festive !

Le soir, on décide quand même d’aller au temple pour voir la cérémonie. On arrive à se faufiler mais on est tellement tassé les uns contre les autres qu’on décide de partir après 20 minutes. Les rassemblements massifs aussi importants que ça nous fait un peu peur.

Conclusion, on n’a pas vu l’unique train du Népal, on n’a pas vu la cérémonie de Ramayana mais on a été au cœur d’une ville bruyante, sale et surpeuplée pendant 2 jours. Bon après ça, l’Inde devrait nous paraître paisible:)

Demain on reprend un bus pour la frontière pour rejoindre les hauteurs de Darjeeling.

Notre album photo :

TDM Népal Janakpur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.